Tous les matins du monde- Pasqual Quignard


TOUS LES MATINS DU MONDE

Pascal Quignard

Collection Folio, Gallimard, 1991

Pascal Quignard est né en 1948 à Verneuil–sur-Avre  en France. Maintenant il vit à Paris. Quignard est l’auteur de plusieurs romans : Le salon de Wurtemberg, Tous les matins du monde, Terrasse à Rome, et de plusieurs essais où la fiction est mêlée à la réflexion : Petits traités, Vie secrète, Les ombres errantes, Sur le jadis, Abîmes.

Les ombres errantes a obtenu le prix Goncourt en 2002.

Tous les matins du monde est un roman impressionnant  sur l’amour, la musique, le silence d’une vie, le talent, la douleur, la sagesse et le désespoir.

C’est une histoire exceptionelle déroulée au XVII ème siècle,  qui à été portée à l’écran en 1991 par Alain Corneau, avec une distribution remarquable: Anne Brochet, Gerard Depardieu, Guillaume Depardieu, Jean- Pierre Marielle.

L’auteur présente la vie d’un homme, Monsieur de Sainte Colombe, violoncelliste très doué, dont la femme est morte en 1650. Il ne pourra jamais l’oublier.

Il l’aimait énormément et il compose une oeuvre musicale en son souvenir.

Ses filles, Toinette et Madelaine, héritent de son talent pour le violon.

Un jour, un jeune musicien de dix-sept ans demande à Monsieur de Sainte Colombe de le prendre comme apprenti.

Saint Colombe accepte : « votre voix brisée m’a ému. Je vous garde pour votre douleur, non pour votre art ».

Marin Marais, le jeune musicien, vit une belle histoire d’amour avec Madelaine, qui l’aimera toute sa malheureuse vie, et une aventure sexuelle avec la fille cadette de Sainte Colombe, Toinette.

Cette histoire d’amour  finit. Madelaine accouche d’un petit garçon mort-né et Marin Marais cesse de lui rendre visite, mais il s’intéresse parfois à son état de plus en plus précaire.

Il épouse une autre fille avec laquelle il a 9 enfants. Il accomplit son rêve de musicien à la cour royale, à Versailles,  il compose des oeuvres, mais toute sa vie il rêve d’écouter une seule fois, au moins, les fameuses compositions de Monsieur de Sainte Colombe dont il a tant entendu parler : Le Tombeau des Regrets, Les Pleurs, et Barque de Charon.

Pendant ces années, Sainte Colombe voit l’apparition immatérielle de son aimée épouse, avec laquelle il parle, il se promène. Tout le roman est, indirectement, la description  d’une douleur inexprimable, qui trouve un seul moyen de s’exprimer: la sensibilité de la musique produite par  le violon.

C’est une oeuvre très émouvante sur le silence de la vie d’un vieil homme, qui

selon tout apparence, appartient plutôt au monde des ombres : « Quand je tire mon archet, c’est un petit morceau de mon coeur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n’est que la discipline d’une vie ou aucun jour n’est férié. J’accomplis mon destin. »

Le final est une belle image qui parle du but de l’existence humaine.

Le dialogue entre Marin Marais, adulte, et le vieux Sainte Colombe est une preuve de  sincérité et de pardon.

L’une des conclusions du roman, serait, peut-être, l’idée que le bonheur  s’accomplit au-delà  de la mort et que la douleur et le silence causés par les chagrins de la vie peuvent être remplis avec la musique inspirée  par l’amour.

Parmi les tempêtes de cette cruelle vie, la musique semble être la seule chose qui nous aide à  retrouver la paix.

C’est un roman inédit grâce à sa simplicité narrative. C’est une histoire savoureuse et touchante qui peut être lue facilement. Les personnages sont très bien construits et c’est vraiment  incroyable qu’un auteur du XX ème siècle arrive à écrire  une histoire tellement actuelle, tout en la plaçant dans le cadre du XVII ème siècle.

Est-ce explicable ? Oui, parce que les sentiments et la nature humaine sont toujours les mêmes, malgré le passage du temps.


Les valses de Vienne

Les valses de Vienne

François Feldman

Du pont des supplices
Tombent les actrices
Et dans leurs yeux chromés
Le destin s’est brouillé

Au café de Flore
La faune et la flore
On allume le monde
Dans une fumée blonde

{Refrain:}
Maintenant que deviennent
Que deviennent les valses de Vienne ?
Dis-moi qu’est-ce que t’as fait
Pendant ces années ?
Si les mots sont les mêmes
Dis-moi si tu m’aimes…
Maintenant que deviennent
Que deviennent les valses de Vienne ?
Et les volets qui grincent
D’un château de province ?
Aujourd’hui quand tu danses
Dis, à quoi tu penses ?

Dans la Rome antique
Errent les romantiques
Les amours infidèles
S’écrivent sur logiciels

Du fond de la nuit
Remontent l’ennui
Et nos chagrins de mômes
Dans les pages du Grand Meaulnes

Josh Groban- Per te

Pentru mine, una din cele mai bune voci, din lume, astăzi.  Chapeau bas!

Eventual, de ascultat, (re)citind:


Nichita Stanescu- Poveste sentimentală

Pe urmă ne vedeam din ce în ce mai des.
Eu stăteam la o margine-a orei,
tu – la cealaltă,
ca două toarte de amforă.
Numai cuvintele zburau intre noi,
înainte şi înapoi.
Vârtejul lor putea fi aproape zărit,
şi deodată,
îmi lăsam un genunchi,
iar cotul mi-infigeam în pământ,
numai ca să privesc iarba-nclinată
de caderea vreunui cuvânt,
ca pe sub laba unui leu alergând.
Cuvintele se roteau, se roteau între noi,
înainte şi înapoi,
şi cu cât te iubeam mai mult, cu atât
repetau, într-un vârtej aproape văzut,
structura materiei, de la-nceput.